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Les Jardins de Cocagne : des paniers bio et solidaires

#CONSOMMATION#SOLIDARITÉ 83
Les Jardins de Cocagne - Des paniers bio et solidaires

Depuis plus de 25 ans, les Jardins de Cocagne font office de tremplin pour les personnes en parcours de réinsertion qui y sont employées. C'est aussi l'un des tous premiers concepts de distribution de paniers de légumes bio en circuit-court en France. Le Réseau des Jardins promeut une agro-écologie solidaire et est animé depuis ses débuts par les valeurs de l'Économie Sociale et Solidaire.

Allier insertion et agriculture de proximité

Les Jardins de Cocagne - Allier insertion et agriculture de proximité

Jean-Guy Henckel est éducateur spécialisé de formation. Confronté à l’exclusion sociale et économique qui touche le milieu agricole, il réfléchit à un dispositif qui permettrait la réinsertion de ces personnes, dont beaucoup ont dû vendre leur exploitation ou sont endettées. Sa rencontre, au début des années 90, avec l’ingénieur agricole et Docteur en économie François Plassard, est décisive car elle l’oriente vers le sujet des circuits-courts… l’idée des Jardins de Cocagne prend forme.

Résolument novatrice à l’époque, elle est aussi très ambitieuse : elle consiste à allier le principe de la distribution en circuit-court de produits de la terre à l’insertion par le travail de personnes en grande précarité, en y ajoutant le cahier des charges de l’agriculture biologique. Ainsi, en 1991, à Chalezeule dans le Doubs, le premier Jardin de Cocagne sort de terre. Cette exploitation maraîchère emploie des ouvriers agricoles exclus du marché de l’emploi et revend sa production biologique sous forme de paniers, à des adhérents réunis au sein d’une association solidaire.

Rapprocher les agriculteurs et les « consom’acteurs »

Les Jardins de Cocagne - Rapprocher les agriculteurs et les « consom

Pensés comme des chantiers d’insertion sociale et professionnelle, les Jardins de Cocagne ne sont pas de simples exploitations agricoles qui alimentent les clients en légumes bio. La vocation première de ces entreprises solidaires vise « le retour à l’emploi de femmes et d’hommes en difficulté et leur permet de (re)construire un projet professionnel et personnel », expliquent ses responsables. Le slogan de la structure est limpide : « Vous avez besoin de légumes, ils ont besoin de travail. Ensemble, cultivons la solidarité ».

Initialement réservés aux populations de culture rurale, les Jardins de Cocagne s’adressent aujourd’hui à toutes les personnes en situation d’exclusion. Elles sont employées aux différents postes nécessaires au fonctionnement de l’exploitation maraîchère (cultures, préparation des paniers, administration, livraisons, entretien…) et bénéficient d’un accompagnement socio-professionnel débouchant sur la délivrance d’une attestation de compétences, reconnue par le secteur professionnel. Car l’idée est de sortir des Jardins après deux ans, pour rejoindre un emploi durable.

Quant aux milliers d’adhérents des différents Jardins développés sur tout le territoire, 21 000 paniers de légumes bio et locaux leur sont distribués chaque semaine. La distribution en circuit-court garantit un impact moindre sur l’environnement et l’ajout aux paniers d’autres produits, conçus à proximité des Jardins par de petits producteurs, encourage l’activité économique locale.

Un modèle à réinventer

Les Jardins sont structurés depuis 1999 en une association nationale, le Réseau Cocagne. Son but ? Essaimer, conseiller et soutenir les projets de Jardins, mutualiser les savoirs, développer des expérimentations nouvelles (conserveries, légumeries pour la restauration collective, micro-fermes urbaines, Fleurs de Cocagne…). Le Réseau, animé notamment par 1 800 bénévoles, compte aujourd’hui 137 entreprises solidaires, 108 Jardins et 27 projets innovants. Il accompagne 4 300 salariés en parcours d’insertion grâce à ses 850 employés permanents, qui endossent le rôle de formateurs-accompagnateurs.

Face à la concurrence des offres de paniers bio qui ont proliféré ces dernières années et à la baisse des aides publiques, le réseau associatif s’emploie à adapter son modèle. Il est à présent une société, le Groupe Cocagne, ce qui lui permet de mobiliser la société civile plus largement, d’intégrer de nouveaux outils de collecte de fonds, tout en renforçant son équipe salariée.

En projet également, l’installation d’une Maison Cocagne dans l’Essonne, un centre de formation et de R&D qui favorisera la professionnalisation des Jardins et le développement de nouvelles activités. Ce site servira aussi de vitrine à l’Économie Sociale et Solidaire, en plein cœur d’un pôle de compétitivité. Enfin, les Jardins de Cocagne expérimentent de nouveaux modèles de collaboration avec les entreprises pour diversifier leur offre, toujours dans une optique sociale et environnementale.

Les Jardins de Cocagne

Créé en 1991

2 Grande Rue
25 220 Chalezeule

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