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Poulehouse : des œufs garantis sans souffrance animale

#CONSOMMATION#NATURE 188
Poulehouse - Des œufs garantis sans souffrance animale

Poulehouse propose un nouveau circuit d'élevage, permettant de ne jamais tuer les poules vieillissantes et moins productives, les laissant au contraire pondre à leur rythme jusqu'à leur mort naturelle. Pour financer la perte de productivité, le maintien de l'activité des éleveurs et la gestion de la « maison de retraite » dans laquelle elles sont installées, les œufs bio Poulehouse sont vendus plus chers. Un juste prix auquel les clients de la marque, consommateurs avertis et défenseurs du bien-être animal, sont prêts à consentir pour manger un œuf éthique et garanti sans souffrance.

Manger des œufs sans tuer de poules

Poulehouse - Manger des œufs sans tuer de poules

Quand ils découvrent, en 2016, que les poules pondeuses sont « réformées » – comprendre « envoyées à l’abattoir » – dès l’âge de 18 mois car elles deviennent alors moins productives et donc moins rentables, Fabien Sauleman et Sébastien Neusch décident d’imaginer un nouveau modèle de production de l’œuf. Car la réalité de la filière, souvent méconnue, a de quoi faire bondir, même parmi les moins fervents partisans de la cause animale : en France, 100 millions de poules sont tuées chaque année une fois ce seuil de productivité atteint, alors que leur espérance de vie peut aller jusqu’à 10 ans ! Et cela dans tous les types d’élevage, de plein air, en cage, au sol et même en bio.

Pour mettre fin à cet abattage systématique des poules au bout de 18 mois de bons et loyaux services, ils testent l’idée d’une boîte d’œufs éthiques, vendus plus chers à des « consom’acteurs » désireux de financer un nouveau mode d’élevage et une mise à la retraite des poules, en lieu et place de leur mise à mort prématurée. L’idée semble séduire, la mayonnaise prend et ils sont rejoints par Elodie Pellegrain, ingénieure agronome avec qui ils cofondent Poulehouse en 2017.

Un achat militant

Poulehouse - Un achat militant

Poulehouse a noué des partenariats avec des éleveurs exclusivement bio, qui s’engagent à ne pas envoyer leurs poules à l’abattoir. En contrepartie, durant leurs 18 premiers mois de vie, les œufs qu’elles produisent sont achetés aux éleveurs plus cher que le prix du marché et vendus sous la marque Poulehouse. Après les 18 premiers mois de vie, les poules sont rachetées par l’entreprise, qui les « met au vert » dans sa Maison des Poules, un refuge construit sur une ferme limousine de 16 hectares. Là, les gallinacées continuent de pondre à leur rythme, et leurs œufs d’être commercialisés sans distinction avec ceux provenant des poules plus jeunes.

Le modèle inventé par le trio repose sur la nécessité de faire évoluer les pratiques en s’appuyant sur l’implication des consommateurs. Avec 98 % de la population française qui consomme des œufs – 222 par personne et par an en moyenne – le marché est immense, mais il faut être prêt à payer près d’1 euro son œuf. Car ce sont les clients qui financent, à travers leur achat de boîtes d’œufs Poulehouse, la juste rémunération des éleveurs ainsi que la construction, l’entretien et la gestion du refuge.

Demain, un nouveau label ?

Depuis septembre 2017 et le lancement de sa marque dans les magasins spécialisés tels que Biocoop et Naturalia mais aussi dans des Franprix ou des Super U notamment, Poulehouse a commercialisé plus de 400 000 œufs et « sauvé » 9 000 poules à travers les contrats signés avec quatre éleveurs en bio. 650 sont déjà installées à La Maison des Poules, les autres y arriveront au fur et à mesure qu’elles atteindront l’âge de 18 mois. L’équipe compte analyser leur rythme de ponte naturel, leur santé et leur durée de vie, pour en tirer des enseignements précieux pour la filière.

Si le refuge ne peut accueillir que 18 000 pensionnaires, il s’agit surtout pour l’entreprise de démontrer aux éleveurs qu’un nouveau modèle sans abattage est possible et les inciter, à terme, à garder leurs poules chez eux. Avec des prix de vente plus élevés garantissant leurs revenus malgré la perte de productivité, ils seraient alors en mesure de répondre aux exigences de consommateurs de plus en plus soucieux des méthodes de production.

Ainsi, Poulehouse espère donner naissance à un nouveau label correspondant à ce mode de production sans souffrance animale, qui viendrait compléter les codes actuellement apposés sur les œufs en fonction du mode d’élevage (0 pour le bio, 1 pour l’élevage en plein air, 2 pour les poules élevées au sol et 3 pour celles élevées en cage ou en batterie). En attendant, ses œufs s’exportent déjà vers la Belgique et bientôt vers la Suisse et l’Allemagne.

Poulehouse

Créé en 2017

15 rue Poissonnière
75 002 Paris

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